ENGAGEMENT HUMANITAIRE

CHIRURGIE PLASTIQUE HUMANITAIRE

A côté de mon activité libérale et hospitalière, je rejoins plusieurs fois par an, Médecins sans frontières et d’autres ONG pour des missions concernant la reconstruction des grands brulés liés aux catastrophes naturelles comme en Haiti ; la reconstruction de la tête et des membres dans les zones de conflits armés mais aussi la reconstruction des malformations congénitales dans les zones où l’accès aux soins est dramatiquement limité. Souvent fonctionnelles, mais aussi purement « esthétiques », ces interventions sont néanmoins « vitales » dans ces lieux où le handicap est source d’exclusion sociale car elles autorisent une resociabilisation et la reprise d’un travail et permettent souvent de sortir d’un cercle vicieux de misère et de violence.

Très tôt dans mon cursus médical, j’ai su que j’occuperais une partie importante de ma carrière en mission humanitaire après avoir vu un documentaire d’une mission de chirurgie plastique se déroulant en brousse. J’y ai découvert les médecines traditionnelles, qu’elles soient naturelles ou spirituelles et l’importance considérable qu’elle pouvait avoir aussi bien aux yeux des patients que des infirmiers et médecins locaux avec qui je travaillais. J’ai appris certaines bases de pharmacopée locale et ai pu comprendre qu’il est toujours préférable de soigner un patient avec les plantes qu’il connait et que son peuple utilise depuis des siècles pour traiter des brûlures plutôt que les dispositifs médicaux industriels que j’ai pu leur ramener. J’ai pu réaliser aussi que les rituels de guérison avaient une force toute particulière dans le processus de soin,  à côté de mon traitement chirurgical et qu’il fallait respecter au mieux l’environnement culturel du patient pour mieux le prendre en charge. De tout cela, j’ai pu voir une infinie reconnaissance de la part des patients qui me rappellent à chaque fois pourquoi j’ai choisi ce métier.

Au travers de ces missions mais aussi de mes voyages où très vite j’ai mis un point d’honneur à découvrir les médecines locales autant que de pénétrer le pays, j’ai pu réaliser que dans beaucoup d’autres cultures, la séparation corps-esprit initiée par Descartes au XVIIe siècle, n’existe pas ou peu, et que la maladie et sa guérison, le rapport au corps et à la mort est fondamentalement éloigné. Les guérisseurs jouent ce rôle de pont entre le corps et l’esprit et entre la vie et la mort. J’ai compris que l’esprit et le mental avaient une part majeure dans l’élaboration des maladies et que soigner les patients,  nécessitaient à coté de notre arsenal thérapeutique moderne de traiter les origines du mal par une écoute, un accompagnement et d’autres méthodes douces pour optimiser la guérison et prendre en compte absolument tous les déterminants de la maladie. C’est aujourd’hui ce que je m’emploie au maximum à faire avec mes patients aussi bien en esthétique qu’en réparation.